vendredi 31 mars 2017

"Ca fait UN PEU mal" …

Allez, j’avoue… Je suis un peu hypocondriaque ! Juste un peu ! A peine … 

C'est-à-dire que pour un hématome sur le bras, un soir, j’ai traîné Cher et Tendre aux urgences jusqu’à 3 heures du matin. 

Le côté drôle de l’histoire … Oui, parce que quand même, il a bien fallu que je tente de rendre la chose humoristique puisqu’au départ, ça ne l’a pas fait rire du tout ! Le côté drôle, disais-je, c’est que victime d’insomnie depuis plusieurs nuits, il s’était décidé ce soir-là à prendre un somnifère … Après avoir émergé difficilement de l’au-delà, conduit jusqu’à l’hôpital dans un état proche de la mort cérébral, il a donc fini sa nuit, sur une chaise en plastique bleue d’une salle d’attente d hôpital, filet de bave au coin de sa bouche ouverte et ronflant doucement, bras croisés sur la poitrine ! 
Même pas compatissant de l’angoisse mortelle dans laquelle je me débattais … Je pouvais faire une phlébite du bras droit et mourir, là, maintenant, le laisser veuf et mes enfants orphelins, il s’en fichait, il dormait enfin ! 

Oui, mes enfants se moquent encore de moi, oui…

Mais le paradoxe, c’est que j’entretiens une réelle méfiance envers le corps médical. 
Le seul en qui j’ai une confiance aveugle, c’est mon dermatologue. 
Cet homme grand, énergique, proche de la soixantaine, a des diagnostics immédiats, clairs, précis et justes. 
Il a quand même refusé par deux fois le résultat du microscope sur une biopsie qu’il avait effectué sur mes jambes, alors que je souffrais d’une maladie tellement rare que nous étions seulement deux cas, recensés en France. 

Pour l’anecdote digressive, sachez que les photos de mes jambes font le tour de France et du monde, au gré de colloques dermatologiques et qu’elles participent même à des jeux, dans les soirées entre médecins, répondant au thème de « celui qui a le cas que personne n‘a vu encore, gagne ». 
Un jour que je me déshabillais chez un docteur remplaçant, celui-ci avait halluciné, puis ri : « Nan ? C’est pas vrai, c’est vous ?... ». 
Et ouhais, les gars ! Y a pas de la célébrité, là !?

Ce docteur a donc posé son diagnostic d’une façon rapide et tranchée, m’a révélé le nom de cette affection, qui, bien évidemment, est juste imprononçable et a eu l’humilité de faire confirmer sa découverte par un ponte de la dermatologie. 
La réactivité et la certitude de ce monsieur m’ont quand même évité d’être traitée pour une pseudo Sarcoïdose.
Enfin, grâce aux traitement et conseils de ces deux dermatologues, mes jambes sont aujourd’hui tout à fait normales et font crever de jalousie Adriana Karembeu !…

Vous l’aurez compris, ce médecin là, je le bénis et je lui ai interdit de prendre sa retraite. M’en fous ! Il a qu’à faire un Karoshi et mourir au travail ! 

Il y a quelques années, puisque j’ai une peau relativement merdique, j’émis l’hypothèse de me faire enlever quelques petits vaisseaux sanguins sur le visage. 
Mon Dermato-Ce-Héros, me proposa alors trois séances de laser, que j’acceptais.

Le jour J, avant de commencer, lorsque cet homme charmant me prévint « Attention, ne bougez pas, ça va faire UN PETIT PEU mal… », je le crus aveuglément. 
Nous n’avions simplement pas du tout, la même définition de « un petit peu ». A quoi ça tient, n’est-ce pas ?… C'est ballot, parfois, la vie … 

Allongée sur la table d’examen, des espèces de lunettes de plongée pour fourmis sur les globes oculaires, en toute confiance, j’acquiesçai lorsque Docteur Mamour annonça : 
« J’attaque ». 

Il ne plaisantait pas. Il m’attaqua réellement. 

Au premier rayon laser, mon corps s’infléchit immédiatement en position d’accent circonflexe latéral, les hanches dressées vers le plafond, les épaules collées à la table, le visage enraciné pour ne SURTOUT pas bouger, de peur que le bougre dérape.

J’exprimai mon désarroi et ma surprise d’un profond, guttural, sonore et tout sauf féminin « RROOOOOOAAAAAAAAAAAAAAAOOOOO ! », tout en agrippant les bords matelassés de la table d’examen avec la ferme intention de les arracher et de lui refaire la déco intérieure de son cabinet. 

Alors, oui, parce que ça, je l’ai fait lors d’une prise de sang, dans le cabinet médical de l’actuel Maire d'une ville voisine, qui a préféré se reconvertir, visiblement… Mais c’est une autre histoire !

Lorsque la pression du laser se relâcha enfin  et que mon corps retomba dans une position normale, il me fallut quelque secondes pour me remettre du choc et de la douleur. 
Mes yeux larmoyants étaient certainement en train de fondre et avant que j’ai pu répondre à son : « Ca va ? », il reprit : « Allez, on y retourne ». 
Attend, attends, atteeeeeends, j’ai pas dit oui, j’ai pas dit oui, on retourne où, quand, comment, vas-y toi, mais moi, je vais rester là, hein !

Deuxième couplet : 
« MAIS RHHHHHHHHHHHAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! ».. 

Oui  parce que quand je souffre, je VEUX que tout le monde le sache ! … Ce qui a conduit, pendant des années, mon esthéticienne à programmer mes séances d’épilation en solo, afin d’éviter de terroriser les autres clientes du magasin et par conséquent, à terme, de mettre la clé sous la porte. 
Moi, la souffrance intérieure, très peu pour moi. Je partage ce que je ressens. 

Le laser s’arrêta enfin … 
« Ca va toujours ? »
EST-CE QUE TU M’AS ENTENDU DIRE OUI, LA PREMIERE FOIS ? C’est quoi, ton problème avec les hurlements que je pousse ?
Alors, maintenant, t’es gentil Dark Vador, tu ranges ton sabre laser et tu me libères avant que j’appelle les Jedi en renfort pour te niquer ta race ! 
En des termes un peu plus mesurés et haletant de souffrance, je lui répondis quand même : 
« Non, mais ça tue, votre truc ! ».
 « Oooooh, oui, ça picote un peu, mais c’est supportable ». 

… Kesskiladi ? … SUPPORTABLE ?... Donne moi le, ton laser. DONNE MOI LE TOUT DE SUITE ! Je vais te tatouer ta face de traitre, tu vas voir comme c’est supportable ! Toi … Toi, le scélérat, mon docteuramoua, en qui j’avais une confiance sans borne ! J’ai été trahie !

« Allez, une dernière fois et ce sera bon pour aujourd’hui ».  
Attendez … On n’est pas pressé, là ? Hein ? On est bien, là, non ? On attend encore un peu, non ?... Non ?...Bon, c’est moi qui donne le top départ, alors, hein … Attendez, je suis pas prête. Attendez. Encore un peu. On y va, on y va ... Je compte jusqu’à trois… Un … RHOOOOOOOOPPPPPUUUUTAAAAAAAIND’SAMEEEEEEREUH ! J’AI PAS DIT DEUX !
Comment peut-on avoir fait des siècles d’études sans savoir compter jusqu’à 3 ? Le mystère demeurera entier.

Toujours est-il que je rentrai chez moi ce jour-là, rouge vif, brulée au moins au 46ème degré et sans plus aucune confiance en personne, laissez moi mourir ! 

Mais le lendemain, au réveil, alors que je tentais vainement d’ouvrir les yeux, Cher et Tendre se tournant vers moi, émit un cri qui résumait bien la situation : « Oh merde ! ». 
J’avais triplé de volume. Un bel œdème à faire pâlir d'envie Elephant Man ! Il ne faisait pas nuit, je ne parvenais simplement pas à décoller mes cils. Quant à mes joues que j’ai toujours eu rebondies (oh, ça va, hein !), elles semblaient gonflées à l’hélium, sans le côté fun de la voix de Chipmunk qui va avec ! 

Cet état a duré tout le weekend (Merci Seigneur, je ne travaillais pas !) et je vous laisse imaginer la réponse fleurie et imagée que j’ai faite à mon Docteur Folamour lorsqu’il m’a proposé de faire la deuxième séance…

DTC, toubib, DTC… 

mardi 14 juin 2016

Traitre et fourbe !

L’Allemand est traître. L’Allemand est traître et la femme est fourbe. Et la femme mariée à l’allemand, alors, je ne vous raconte même pas ! 
On a mis du temps à s’en apercevoir, avec mes sœurs et ma cousine, mais quand on a compris ça, les gars… Et bin, c’était trop tard ! 

Cet été là, nos âges respectifs s’échelonnaient de 14 à 18 ans. Mes parents avaient loué un bungalow dans un centre de vacances, près de l’océan, pour 3 semaines.
Non que nous roulions sur l’or, non … Mais nous étions en juin ! Et près de l’océan, en juin, il fait -8000 degrés, le soleil, là bas, ne servant qu'à éclairer, certainement pas à chauffer ! Donc, forcement, les locations estivales, limite, on vous les offrait avec le baril d’Omo !
Pour les quadras, quinquas, soixantas, trente A jeu, set et match, c’était le fameux "cadeau bonux"  ! Pour les autres et ceux qui n’ont pas connu Guy Lux, eh beh, vous avez raté votre vie ! 

Les seuls furieux à prétendre qu’il faisait beau et chaud en cette deuxième quinzaine de juin polaire, étaient nos voisins directs, un couple d’Allemands avec leurs 3 petits garçons. 

La maman était brune. Charmante. Quelconque. Ca, c’est fait. 
Les enfants étaient des enfants Kinder : super meugnons et blonds comme les blés. 
Quant au père… Le père... DAS VATER ! Das vater ... Attention à bien mettre un V simple et unique, hein. Pas un double, garnements que vous êtes. 
Bref, ze papa ! O Madone ! Ou plutôt O Sainte Bertha, Birgitt ou Ghertrude ! … Le père était une bombe atomique. Eine TUERIE ! Eine gross bombasse !! 
Avec des "jantes qui claquent sa mère" !!... 
Grand, blond, cheveux rebiquant légèrement sur la nuque, corps athlétique, sourire pepsodent, et des yeux d’un bleu harpic WC au fond d’une cuvette de chiottes. Propre, bien sûr ! Ou on revient à l'importance du V unique ! 

Le premier matin où nous l’avons aperçu, ma cousine était sortie dans le jardin, le cheveu hirsute, le visage craquelé par les plis de l’oreiller, le filet de bave à la limite de la lèvre, presqu’en se grattant les "alibofis", qu’elle n’avait pas, bien sûr, mais c’était pour vous mettre l’image en tête.
Baillant à se décrocher la mâchoire, Mafafa jeta négligemment un bref coup d’œil vers le bungalow de gauche. 
Et là … Arrêt sur image. Un apollon en maillot de bain moule-bite, la serviette négligemment jetée sur l’épaule, s’occupant de ses garçons, avant de se diriger vers la piscine. 

Il faut reconnaître une chose à ma cousine : La promptitude de la réaction, qui dans bien des cas, peut sauver des vies ! 

Première phase, la survie : Se mettre à l’abri ! Demi-tour en cata pour rentrer dans la protection ombragée de la maisonnette. 
Deuxième phase : Informer les bases en retrait de la découverte, avec le survol à la vitesse supersonique de l’escalier qui mènent aux baraquements du reste de la troupe. 
Dernière phase : Décrire aux combattantes la cible potentiellement intéressante localisée à 2 pas du bivouac. 

Elle : "ALLLLLOOOO ! Les nouveaux sont arrivés, à côté ! Et y a un Teuton de folaïe, que je vous raconte même pas !" 
Un téton, mais kesskelle dit ?? 
Elle : "Nan, le mec ! A côté ! C’est un avion de chasse ! 
Nous : "... c'est un mec ou un avion, faut savoir ?! Quel âge ? 
Elle : "Maxi 35 ! Il est avec sa femme et ses gosses. 
Nous : "35 quoi ?... ANS ?? Mais il est périmé !"

Bon, par acquis de conscience et vu l'état de nerf de Mafafa, nous décidâmes de nous rendre compte par nous-mêmes, sans pour autant négliger la phase opération camouflage et ravalement de façade. 
Ne pas se laisser surprendre, telle était notre devise, gravée sur nos maillots en latin : "Ne passum se lassare sorprenderae". Quoi, c'est pas ça ?! 

Ma cousine avait dit vrai, cet homme était extrêmement séduisant. Néanmoins (à ne pas confondre avec bouche en plus), il était évident que pour nous, ce n’était que le plaisir du globe oculaire. C’était un homme. Un vrai. Nous, nous n'étions que des gamines et même si parfois, nous nous prenions pour des femmes, nous en étions encore réduites à nous frapper le front, en bramant « GOFIO », quand l’une d’entre nous rotait. Ce qui nous arrivait souvent, je reconnais. 
Enfin ça, encore aujourd’hui, ça me fait rire … 

En tous cas, lorsque cette image de magasine sortait dans son jardin, séparé par un tout petit muret de rien du tout, le nôtre revêtait alors une force d’attraction cent fois supérieure à celle qui provoque les marées d'équinoxe bretonnes. 
Nous lui susurrions alors des « bonjouuuur », que nous estimions ravageurs. 

Et puis un jour, alors qu’il jouait au tennis avec un de ses garçons dans son bout de terrain, la balle passa malencontreusement chez nous. 
Ma plus jeune sœur Coco la lui tendit en retour et d’une voix à l’accent qui nous sembla d’un coup poétique et teeeeeellement romantique, il murmura en souriant : 
« Merzi beaugoup ! » 

L’information se diffusa comme une trainée de poudre ! IL PARLAIT FRANÇAIS ! 
« Allo Papa Tango Charlie, Allo Papa Tango Charlie (descendez, nous vous cherchoooooons) … Zi estranger habla nostra lingua, aïe ripite, zi estranger habla nostra lingua ! ». 
Oh bordel, il allait falloir se montrer extrêmement méfiantes et veiller à ne plus s’exprimer ouvertement devant lui ! 

Se mit alors en place une stratégie de communication faite de raclements de gorge, de clins d’œil, de demi-mots, afin de ne pas être comprises du Germanique niqueuh niqueuh… 
Par contre, nous n’avions absolument aucune crainte quant à la nationalité de sa femme ! Zi estranger’s wife non hablavait nostra lingua du tout ! 
On avait pu le constater à maintes reprises lorsqu’elle était seule, dans le jardin, allongée sur un transat et que nous, à côté, évoquions le Mââââle qui lui servait d’époux, avec des paillettes dans les yeux et des soupirs dans la voix et qu’elle ne bronchait pas d’un cil ! Elle nous servait bien un "bonjour" quotidien, mais ma foi ... Même mon fils sait dire Sayonara en mexicain ! 
Prudentes au début, puis rapidement encouragées par ses silences, nous avions conclu que la pauvre femme ne captait pas un mot de ce que nous ergotions. 

Alors … Alooors, messieurs dames, c’est à cet instant précis que se noua le drame honteux qui allait suivre, car plus rien ne nous arrêta tout au long de cette semaine : 
« Oh Madone, mais qu’est-ce qu’il est canon ! 
« Grave ! Et sa greluche qui ne le surveille même pas ! Elle est pas folle, sérieux ?! 
« Moi, j’ai un mec comme ça, mais je risque pas de rester sur une chaise longue, à lire un livre »… 
Et cætera, et cætera, et j’en passe et des meilleures, vous vous en doutez … ! 
On n’est pas sérieux quand on a 14, 15, 16 ans …   

Arriva le vendredi soir de la fin de la première semaine. 
Gentiment, ma mère sortit dans le jardin et par un langage gestuel, proposa au couple de venir boire l’apéritif à la maison. Ce qu’ils acceptèrent avec plaisir. Même si je me demande encore comment ma mère a pu mimer « cacahuètes ». 

Un branle bas hystérique se mit alors en place ! La salle de bain se révéla vite être un terrain miné et des stratégies d’occupation de l’espace s’organisèrent. 
A 19h, pétantes, nous étions au garde à vous, sur le champ de bataille, plus communément appelée la petite salle à manger, au rez-de-chaussée. 

Je nous revois encore, mais vraiment, je nous revois clairement… J’étais assise sur les genoux de Mafafa, Coco était en face de moi et Djiz, sur le canapé-banc d’angle, grande mode des années 70, accoudée à la table. 

Les Allemands débarquèrent alors et il nous fallut à peu près 3 secondes 35 pour comprendre avec horreur que la femme était Française et que l’époux était un traître, qui ne connaissait que quelques mots polis de notre langue, qu’il avait mis en application bien consciencieusement, puisque ce blaireau était, en plus, nul au tennis ! 

Ma mère, spectatrice de tous nos papotages d’ados, s’exclama, mi gênée, mi amusée : « Vous êtes française ?... Oh, c’est rigolo, ça … » 
Ce à quoi, avec un sourire de bonne joueuse, il faut le lui reconnaître, la FFF (Fourbe-Femme-Française) nous regarda toutes à tour de rôle et répéta : 
« Oui, c’est drôle… ». 

C’est là où nous avons compris à quel point l’humour était propre à chaque personne parce que nous, ça nous a pas fait rire du tout ! Mais alors, NOTATOL ! J’entends encore le « Oooh puuuutain » consterné, murmuré par ma cousine à mon oreille. 
Sans même nous concerter, sans un échange  de regard quelconque, nous nous sommes levées tel un seul homme et nous avons déserté. 
Il faut savoir, parfois, admettre la défaite. Et dans un sens … La France avait quand même remporté la bataille. Fratricide, certes. 

Quant à nous, cela nous servit de leçon ... pour cette année là !
L'année suivante, nous répétions quasiment la même chose en Espagne, avec un serveur surnommé Pépito et sa pétasse de copine, Pépita ... Française ... Pas sourde, même si muette pendant des jours, avant de nous assassiner par sa gentillesse, en nous venant en aide alors que nous étions au bord du désespoir après avoir perdu pour la 3ème fois, la clé de l'appartement de location que nous occupions avec mes parents ... 

Mais ça, c'est une autre histoire ! 
Parfois, la honte me réveille la nuit…



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samedi 21 mai 2016

Mentir n'est pas pêcher …!

Janvier 2004 :


Lors d’un déplacement professionnel à Paris avec une amie, il y a fort fort longtemps, errant dans le quartier du Marais, je tombe en arrêt devant une « lampe d’Aladin ». Factice … je précise….
Bêtement, je vous le concède ! 

Appréciant toutes les petites merdouilles décoratives au grand dam de Cher et Tendre qui en a ras la casquette de vivre dans la maison d’Alice aux Pays des Merveilles, je l’achète. Mouiii, j'ai un côté rebelle, oui...

Le lendemain, de retour à la maison vers 20h, j’ai juste le temps de me jeter dans le lit du Gnome, lit dans lequel nous avons l’habitude de nous retrouver, Le Gnome, La Gnomette et moi, le soir, pour un câlin quotidien qui sert à peu à tout : règlements de comptes fraternels, crises de fous rires, ou questions existentielles, comme de savoir si le doigt puera quand même en se grattant « le cucul par-dessus le pyjama » ?... 
A cette époque, ils ont 5 et 2 ans. 

Ce soir-là, donc, les gnomes sont surexcités de me revoir et je ne parviens pas à les calmer ! Ils se chamaillent par mon corps interposé (vu que pour tenter illusoirement d’éviter les empoignades, je me mets au milieu des deux… ouhais … c’est un peu comme l’ONU : ça sert pas à grand chose), je mange des cheveux, des morceaux de doudous… Bref, le calme, quoi … 

Rapidement exaspérée, je crie : 
« STOP !!!! Si vous êtes sages, je vais vous raconter l’histoire qui m’est arrivée à Paris !! » 
Un semblant de silence commence à se faire … 
Reprenant du poil de la bête, je me lance … 
« … Parce qu’à Paris, j’ai volé … LA LAMPE D’ALADIN !! » 
Si je m’attendais à des « ouhaaaa » émerveillés, me voilà douchée … et à l’eau froide, siouplé : 
« Hiiiiiin, n’importe quoi !! … Même pas vrai … ». 
Limite ils ricanent, les morveux ! 

Je décide alors de me montrer bien plus persuasive et me lance dans une histoire abracadabrante que j’invente au fur et à mesure. 
L’expérience d’années de mensonges servis régulièrement à mes parents paie enfin ! 
Allez … Là, je les entends déjà s’exclamer en jubilant :
« AAAAAAH, tu avoues ! » 
Oui, j’avoue, oui ! 
Mais avouez aussi que votre argument à deux balles : « Dis nous la vérité, on te punira toujours MOINS que si tu nous mens … » n’était pas franchement incitateur à balancer ze truth ! 
Si vous aviez été négociateurs au FBI, le nombre d'otages décédés auraient augmenté en flèche
"Jimmy, fais pas l'con ! Si tu libères les otages et que tu te rends, tu ne prendras que 20 ans !! … Si tu les tues, tu prendras 25 ! Moi, si j'étais toi, j'achète !"
Mouhais … Si le mec est suicidaire et dépressif, sur un malentendu, ça peut marcher …
Mais dans la vraie vie …

DANS LA VRAIE VIE, ce que veut entendre un enfant, c’est « on ne te punira PAS » ! … Le « moins », comment dire, pèse lourd dans la balance du choix de mentir en se disant que, quitte à se faire punir, autant gagner quinze jours supplémentaires de répit ! 
A mes gnomes, aujourd’hui devenus ados, je ne leur ai jamais caché la menace implicite : 
« Ne me mentez pas … Parce que si vous me mentez … LA VERITE, SI VOUS ME MENTEEEEZ… ». 
Ce qui leur permet de déployer des trésors d’ingénuité pour à leur tour, me mentir tout en me laissant la possibilité de faire semblant de les croire.
L'honneur est sauf. 

Bref, je reprends, parce que comme à mon habitude, je m’éloigne ! 

Je me lance donc dans le récit du vol de la lampe d’Aladin ! 
« J’étais avec Mireille et nous marchions dans Paris, quand soudain … (toujours laisser un blanc après « soudain »… vous vous souvenez ? Suivez, merde !), j’aperçois, sur ma gauche, un petit chemin, étroit et obscur. Intriguée, je décide de m’y engager ». 
Enfin, j’avais gagné leur attention. 

« Au fond de cette ruelle obscure et sombre (Isabelle s’est cognée contre les murs, les murs, les muuuuurs ! Isabelle a les yeux bleus, Isabelle a les yeux bleus … Là, seuls les initiés peuvent comprendre …), que vois-je ??? (j’aime bien le côté angoissant à la David Lynch … Quoi, comment « je m’emporte » ? Avouez que le suspens est insoutenable!) un ESCALIER qui descend (ou qui monte, ça dépend de quel côté on le prend. C’est pas franc, un escalier, quand on y songe, c’est pas réglo, c’est un peu l'élément mensonger du décor). 
Mimi tente bien de me dissuader, mais n’écoutant que ma curiosité, je décide de l’emprunter et de descendre dans les profondeurs terrestres ». 

Là, le silence est LOURD … Ils osent à peine respirer … Ouhais parce que EUX, ils sont petits et influençables , à cette époque ! 

« Je débouche finalement dans une salle faiblement éclairée, pleeeeeine de trésors fabuleux !... De l’or, des bijoux, des diamants, entassés ça et là, des richesses que je n’avais jamais osé imaginer … Une vraie caverne d’Ali Baba !!! Et là … au milieu de ces trésors… sur un piédestal (là, je sens bien que si je pousse un cri, ils me font une syncope eeeeeeet pendant quelques secondes, j’avoue y avoir songé !)… se trouve … LA LAMPE D’ALADIN !!!!! » 

J’abandonne trente secondes le ton théâtral que j’avais adopté pour rendre mon histoire plus crédible : 
« Je l’ai reconnue tout de suite, vous pensez bien, avec le nombre de fois où on a regardé le dessin animé !! » 

Je reprends ma voix d’outre tombe : 
« Je m’approche … dououououcement … et là, j’entends, provenant d’une pièce un peu éloignée, la voix d’un vieil arabe qui parle tout seul … » 

Je prends l’accent arabe que j’imite à la perfection. Moui, je suis modeste, moui… : 
« Ji loui ai dit, à Aladine… Si ti me laisses cette lampe, kèk ti veux que j’en fasse ??... Elle va m’porter la chkoumoune !! Rien que des malheurs, il arrive aux gens qui la possèdent ! » 
Je reprends mon accent de chez moi parce que je viens du Sud ET PAR TOUS LES CHEMINS, J’Y REVIEEEENS … 
« Mais … n’écoutant que mon courage et mon envie, je décide de VOLER la lampe » … 

Là, je manque les perdre ! 
De concert : 
« NOOOOOON, MAMAN, NOOOOON, NE PRENDS PAS LA LAMPE !! » 
Commençant à rire, je dis « «mais c’est trop tard, je l’ai ramenée, elle est dans la salle à manger ». 
Cette toute petit phrase, somme tout innocente, déclenche alors un concert de hurlements, entrecoupé de mon fou-rire, devenu incontrôlable !

Je tente de me lever du lit, les 2 gnomes, accrochés à mon cou, me suppliant toujours de ne pas prendre la lampe !! 
Peinant à respirer, je finis par me résoudre à leur avouer la vérité, que j’ai imaginé cette histoire …etc … 

Sous les récriminations de Cher et Tendre, arguant du fait qu’il est visiblement le seul adulte de cette maison, je mets presque 15 minutes à les calmer et à les persuader de mon délire.
Ils finissent par me croire, mais pas super convaincus quand même !
J'apprends ce jour là, qu'il vaut toujours mieux mentir avec aplomb que dire la vérité avec hésitation.
Papa, maman, si vous me lisez … 

Le lendemain matin, pourtant, en se levant, ils découvrent avec stupeur et crainte, la lampe, posée sur le guéridon de la salle à manger. 
S’en sont suivis alors 15 jours d’une paix royale ! 
A chaque nouvelle ébauche de dispute ou bouderie, je menace de libérer le Génie … Et pas le gentil ! Pas celui avec un froc bouffant bleu turquoise qu'on croirait qu'il a déféqué dedans pendant 10 jours ! Pas celui qui lave votre linge sans frotter, non plus ! 

A toutes les mères en panique : Dégottez vous une vieille théière dans un marché aux puces ! Le sadisme paie ! 
Si votre tranquillité doit en passer par là, n’hésitez pas …
Et si vous culpabilisez, écrivez un livre : La mère parfaite est une sadique ! Chuis sûre que ça devrait déchirer ! 

Par contre, ayez bien conscience que vos enfants ne croiront plus une seule de vos paroles, que vous aurez détruit la confiance aveugle qu’ils mettent à l’intérieur de vous et qu’ils auront appris une chose : Mentir n’est pas pécher ! 

Ce qui m’amène à la conclusion que ma famille a du me raconter bien des conneries aussi … 
Quelques anecdotes me reviennent, subitement, tiens ...
Notamment qu'un chameau me courait après pour me faire avancer plus vite (j'avais 2 ans, je précise …) ou que j'avais gagné une pièce de 10 francs au jeu de Dorothée  à Récré A2 … (j'y ai cru jusqu'à mes 30 ans), ou qu'on ne sentait AB-SO-LU-MENT rien lorsqu'un avion volait (à chaque frémissement de la bête, je faisais mes prières au milieu de l'allée), ou qu'on me "déguisait en princesse" pour un rallye en me peinturlurant le bout du nez de rouge à lèvre rouge (le thème était de déguiser une personne en clodo ! ILS N'AVAIENT TROUVE QUE MOI !!! Moi qui pétait des paillettes !!!… Ils ont perdu le rallye, mais j'avais 8 ans et il était HORS-DE-QUESTION que je me déguise en manant !). Et j'en passe ...

Donc, moi, je dis que c'est finalement de la faute de mes parents si je mens à mes enfants.
CQFD. 

Pour une fois que je suis bonne en déduction logique …






La fautive … 




Copyright 2016

samedi 2 avril 2016

Ski, mon ami … !

Non, sérieusement … Vous aimez VRAIMENT le ski ? 
Allez … 
Sérieusement …. 
Entre nous … 
On se dit tout, on ne se cache rien ! 

Si vous faites partie de la catégorie de ceux qui, dès la parution d’un flocon solitaire, se précipitent pour descendre, le cheveu au vent, une piste à peine ouverte, passez votre chemin, cet article n’est pas pour vous ! 

Si, par contre, comme moi, vous appréhendez les frimas de l’hiver qui engendreront les cris d’hystérie de vos potes à l’évocation d’un week-end, VOIRE D’UNE JOURNEE MARATHON (les doux fous …) de ski, alors, je vous invite à me suivre dans ce post. 

Déjà, les fringues … 
Naaaaan… SERIEUSEMENT ! 

Alors, just one question : Qui peut se trouver à l’aise dans le costume de Bibendum ? 
Même si j’admets qu’ils ont gagné en finesse, ces vêtements à la noix, il reste du progrès à faire, non ? 

Et les gants … Y a pas du finger boudiné, là-dedans ?! On n’arrive même plus à les plier ! J’ai l’impression d’être une version féminine de Haroun Tazief au cœur d’un volcan ou un zombie dont la rigidité cadavérique a commencé par attaquer les mains ! 
Vous êtes là, dans la file du remonte-pente, avec tous les autres blaireaux qui piétinent vos skis à qui mieux-mieux pour tenter de grappiller une malheureuse place, au cas où ils louperaient une sacro-sainte descente … 
Votre forfait dans la poche d’un blouson qui vous fait regretter de n’avoir pas refusé la fondue savoyarde de la veille, tellement vous avez l’impression de ressembler à un mètre cube … 
Au moment de franchir le micro-portillon, après avoir soulevé avec violence vos skis et tous ceux qui étaient posés dessus, le beugue … Ca veut pas vous laisser passer … 
Le moniteur brame : 
« Sortez le forfait de votre poche, m’dame ! » 
… Blaireau … 
 Vous voilà partie, avec ces p… de gants de soudure, à vous tortiller pour descendre une fermeture éclair qui NE VEUT PAS descendre. Ca s’agite, ça s’énerve autour de vous, vous faites des gouttes COMME LE POUCE pour sortir ce forfait  de malheur … 

Puis, vous glissez tant bien que mal vers une machine qui, au mieux, va vous emporter les fesses à une vitesse telle que le reste de votre corps va rester sur place, vous laissant dans la position momentanée d’un accent circonflexe latéral, ou au pire, vous cisailler les jambes au niveau du genou ! 

Là, enfin, vous savourez les seules minutes de tranquillité imparties. Vous appréciez le silence des monts enneigés en priant pour que vos skis ne se déchaussent pas malencontreusement ou qu’ils veuillent bien arrêter de chercher à s’échapper des rigoles pré-dessinées. 

Les skis … Parlons-en !

Non, pardon, commençons par les CHAUSSURES ! 
Aaaaaaah, les chaussures … Mais dites-moi, dites moi … Quelle classe, quelle élégance, quelle souplesse, quand vous marchez. 
Faites moi penser à féliciter chaudement le Master Blaireau qui a créé ces sandalettes. Je pense qu’il était prothésiste, à la base, le gonze. Et il a du réaliser, un jour, qu’avec le ski, il y avait un beau paquet de fric à se faire ! 
Parce qu’avec de telles inventions vissées aux panards…Vous ne marchez pas … VOUS GONDOLEZ ! VOUS VOUS DEBOITEZ LA HANCHE A CHAQUE PAS   
Une version saccadée et remasterisée de la danse classique : talon, pointe, hanche, talon, pointe, hanche, talon, pointe, hanche. 

Une fois que vous maitrisez le pas de Robocop, dans « danse avec les robots », il faut en plus, porter vos skis ! 

Alors, que les choses soient limpides pour tout le monde … Les miens sont TOUJOURS trop lourds ! 
Quand on me dit à quel point ils ont gagné en légèreté, « qu’ils tournent tout seuls quand tu prends un virage » et bin, moi, ça me fait doucement rigoler ! 
Parce que les miens à moi qui m’appartiennent, ils ne tournent PAS tout seul ! Croyez-moi, j’ai essayé et je me suis pris un canon à neige ! Pourtant, je criais : « Mais tournez, bordel, tournez !! » … 

Alors soit mes skis sont super désobéissants, soit c’est encore un gros mensonge de mon mari qui veut absolument me voir apprécier ce sport de la loose extrême! 
Et non seulement, ils ne tournent pas tout seul, ça on est d’accord … mais quand j’essaie de les porter sur l’épaule, de la façon hyper cool de ceux qui se déhanchent le long des routes en direction du remonte-pente, et bin, les miens à moi qui m’appartiennent toujours, finissent en croix ! Et les bâtons se balancent comme ils peuvent, au bout, manquant à chaque instant me rendre, moi ou les malchanceux qui m’entourent, borgne ! 
J’ai essayé également de les glisser dans les dragonnes et de les porter comme une valise. Mais il y en a toujours un des deux qui se fait la malle, en glissant plus que l’autre ! Après tout, pardonnons-leur, ce ne sont que des skis… Ils font ce pour quoi ils ont été fabriqués. 

Et je conclurai avec les locations immobilières de ski … 
Quand on vous loue un studio pour 8 personnes, ayez bien conscience que c’est une location pour minimoys, pas pour adultes ! 

Alors, oui, effectivement … Vous pouvez parvenir à en mettre deux dans un lit (les plus rapides, les plus gros, les plus vieux, enfin ceux qui se sont gavés !). Deux autres dans un canapé « clic clac », dénommé ainsi pour sa faculté à faire émettre ce bruit à votre dos, le lendemain matin, au lever. Deux autres, dans la penderie, dans laquelle sont coincés des lits jumeaux  et les deux derniers dans un tiroir sous le canapé ! 

Vous pouvez ….

Mais passés 20 ans et les délires de djeuns, sachez que si vous avez encore des amis après un tel week-end, c’est qu’ils vous aiment beaucoup !

Et moi, vous l’aurez compris, je suis un tel bonheur à vivre quand arrive le temps des week end au ski, que je sais que mes amis m’adorent ! 

C’est déjà ça, me direz-vous …



Copyright 2016

dimanche 27 mars 2016

Maï fazer, zis iro !

Mon père était Directeur d’un organisme de protection sociale. Il fut le plus jeune Directeur de France de sa profession et termina sa carrière en tant que Directeur Régional. 
Il était connu, apprécié, respecté, craint, détesté peut-être mais tous reconnaissaient ses qualités, son investissement et ses compétences professionnelles. 
De plus, mon père est définitivement un intellectuel … ! Il en a le cerveau mais aussi les mains. 

Oh Bordel, Sainte Mère de tous les Dieux des Portugais de sa race ! 

Si Dieu avait compté sur lui pour FABRIQUER la terre en 7 jours, eh bin, les gars … les lois de l’astronomie, physique et tout ce qui tourne autour en auraient été sacrément bouleversées ! 
Parce que Newton n’aurait JAMAIS pu prendre sa pomme en pleine poire (… notez …), Galilée n’aurait jamais soupiré « et pourtant, elle tourne ! », … 
Mais que non, qu’elle tourne pas, mon pt’tit bonhomme ! La terre à mon père, elle fait ce qu’elle peut, avec ses angles, ses contours et ses détours ! 
Alors, t’es gentil mais tu fais pas ton Malinois, capisce ?? 

Il y a près de 25 ans, alors que ma mère était hospitalisée, bien obligé qu’il était de nourrir ses filles qu’il avait à demeure, il s’est dit que les pâtes, c’était bien, ça, les pâtes … 
Pas difficile à faire et mets toujours très apprécié des ados presque toutes boutonneuses que nous étions ! 
Sûr de lui, il avait du estimer que sortir du ventre d’une mère chef cuisinière lui donnait les mêmes talents que l’autre demi Dieu qui était sorti de la cuisse de Jupiter ! Voire de sa cuisine ! 
Faire bouillir de l’eau, jeter une poignée de sel et des pâtes, c’était pas la mort du petit cheval ?!! … Non, mais la mort de ses filles et des trois chats, pas passé loin … 

Oh Bordel, Sainte Mère de tous les Dieux des Cuisiniers de sa race ! 

Alors quand on dit « une poignée de sel » … Certes, on ne précise pas la taille de la personne à qui peut appartenir cette poignée. Mais généralement, dans le monde normal, dans la vraie vie, Hulk n’existe pas… Ce soir là, à mon humble avis, mon père avait fait le choix d’une poignée de main de King Kong… 
Les pâtes n’ont jamais pu pénétrer dans l’eau de la marmite, reproduisant à la perfection l’écosystème de la Mer Morte. 
Les pauvres spaghetti sont restées en surface, suppliant en couinant, qu’on abrège leurs souffrances ! 
Mais quand il nous a fallu les manger, nous … 
Après avoir difficilement avalé trois bouchées, on a demandé le plus poliment possible, quand était prévu exactement le retour de maman ?... 
  
Mon père a gardé les pâtes dans la cocotte jusqu’au lendemain, convaincu que nous allions mourir de faim ou manger ! 
Et puis il cédé et a donné les « restes » à nos chats, qui étaient de bons vieux matous de gouttières. Pas des chats de coiffeurs, à minauder et goûter du bout des lèvres les repas à la cons de whiskas premium ou à bouffer du Sheba ou Sheba quoi pour leur dire « je t’aime » ! 
Nous, nos chats, on leur disait « Tu veux pas manger ? Et bin, tu vas chasser ! T’es un tigre ou bien ?... ». Question de choix ! 
Alors tout ce qui tombait d’une casserole, pour eux, c’était le grand luxe ! 
Sauf ce jour là… 
Ils ont pris leur bite et leur couteau et ils sont partis chasser. Pas vraiment une question de choix. Plutôt de survie. 
Bon, ça, c’était avant notre chat Bozo, hein … Parce que Bozo, sa bite, il l’avait plus ! Quant au couteau … On lui avait toujours dit qu’un canif, c’était un petit fien, alors, tu penses bien qu’il risquait pas d’en avoir un sur ou avec lui !   
MAIS JE M’EGARE ! 

Un jour, à Manosque, nos WC sont tombés en panne … Ma mère a dit : 
« On va appeler un plombier. » 
Mon père a répondu : 
« Laisse Madeleine ! … Je vais le faire ! » 
Alors, ma mère a dit : 
«  … On va appeler un plombier !!!!! »… 
  
Oh Bordel, Sainte Mère de tous les Dieux des Plombiers de sa race ! 
  
Mon père a pris sa caisse à out’s … Et on a pissé et deféqué pendant trois semaines derrière un cyprès au fond du jardin, qui est devenu magnifique, tellement on avait déposé de l'engrais naturel à ses racines ! 
Par contre, il faut reconnaître que personne, mais PERSONNE … n’avait un raccord entre la cuvette des toilettes et le petit robinet d’alimentation d’eau aussi chiadé et labyrinthique que le nôtre ! 
Eh ! Trois semaines pour faire ça, les gars ! Du Grand Art ! Du pur chef d’œuvre ! Du travail de minutie ! Va trouver un plombier pour te faire ça, hein, Madeleine !!! « Ah bin, non, çaaaa, faut admettre… ». 

En même temps, il faut reconnaître que ma mère aimait lancer des défis, de temps en temps, afin de voir si mon père avait gagné en compétences manuelles … 
MAIS LAISSE MADELEINEUH !... On te dit de laisser, merde aussi ! 

Donc, jamais à court d’idées, ma mère avait trouvé des « cholis » lits superposés en pin, qu’on fixait au mur et qui se dépliaient et repliaient comme une armoire, pour mes sœurs, lorsqu’elles venaient le week end, en lieu et place des matelas jetés à l’arrache dans ma chambre. 
Plein d’entrain, mon père s’y mis le matin, vers 10 heures ! 

Oh Bordel, Sainte Mère de tous les Dieux des Bricolos de sa race ! 
  
A minuit, alors que nous somnolions tous, en vrac, par terre, dans la salle à manger, la chambre restant inaccessible pour le commun des mortels, mon père conclut ce montage de meubles en passant, dans un fracas épouvantable, au travers de ces lits qu’il avait enfin PRESQUE réussi à fixer au mur. 
Ma sœur ainée qui révisait son bac, dans le garage sous la maison, traversa quant à elle, le mur du son, avec une remontée mémorable, casaque blanche, toque rouge et un « PAPAAAAAA !! », guttural paniqué, que nous lui ressortons régulièrement (comme le chien … vous vous souvenez du chien ?), qui résumait à lui seul la confiance que nous avions tous, dans les dons de Bob le Bricoleur ! 
Cette nuit-là, exceptionnellement, ma mère a ressorti les matelas à l’arrache. 

Mais il faut lui reconnaître une chose ! Mon père, ce Héros, ne s’avoue pas vaincu ! Pas pédé, le bougre ! 

Récemment, mon grand-père a emménagé dans un foyer logement dont il a fallu meubler la chambre avec du mobilier neuf version légo pour adultes. 
Pour cela, Ikéa est notre meilleur ami, ne l’oubliez jamais, ainsi qu’une grande smala pour la main d’œuvre. Et-mon-papounet-à-moua ! 
Enfin, un défi pire qu’une portion de calendos au Trivial Pursuit ! Le seul meuble non Ikea acheté : l’armoire à glace de mon grand-père avec néon intégré. 
Va savoir pourquoi, ma pauv' Lucette … Mon père a voulu effectuer le branchement du néon. 

Oh Bordel, Sainte Mère de tous les Dieux des Electriciens de sa race ! 

Ca lui a niqué le dimanche (parce que je suis sure que ça lui a bousillé sa journée), ma mère a du monter à 42,5 de tension et depuis, mon grand-père se rase à la chandelle …. 
Et aloooooors ?... Il a connu la guerre, oui ou non ?! ‘Chier, les vieux, aussi ! Avec leurs exigences, là ! Il a qu'à se faire une épilation faciale définitive et ça ira bien, oui ! 

Oui, mon père reste définitivement un intellectuel. 
Mon fils en est convaincu, parce qu’en CM2, alors qu’il se désolait devant un devoir de maths, mon père lui révéla que la multiplication était commutative et réversible, voire distributive et associative, avec exemples à l’appui. 
  
A la suite de quoi, le Gnome n’a plus jamais voulu faire ses devoirs chez mes parents et cherche toujours désespérément le sens de cette phrase certainement existentielle.   

Et pour tout vous avouer, moi, il a fallu que j’aille sur Internet pour en retrouver une partie et que je me fasse confirmer par sms auprès de Maï Fazer, Zis Iro, le souvenir de cette affirmation mathématique (souterraines, pour ma part et pour les âmes musicales qui reconnaîtront…). 

Mon père à moua <3 !



Copyright 2016 

dimanche 30 novembre 2014

Cochon d'Harlequin !

Trouver un vrai beau cadeau n’est pas chose aisée. Il faut s’assurer qu’il plaira à la personne à qui on va l’offrir, afin qu’il ne soit pas qu’un plaisir personnel.

Sinon, on tombe à plat à tous les coups. On est d’accord.

C’est pourquoi il y a quelques années, décidée à enfin changer du sempiternel flacon de parfum ou boite de chocolats, je me décidai à me rapprocher de ma mère pour savoir quoi offrir d’un peu plus personnalisé à ma grand-mère ! 

« Mais Axe… elle n’a plus besoin de rien, mamie, tu sais.
- Oui, je sais, mais je voudrais changer un peu. Alors, donne-moi une idée !
- Bon … Je sais qu’elle aime bien lire les bouquins, tu sais, les Harlequins ? Ces trucs à l’eau de rose, là… Bin, voilà, tu lui en prends un ou deux et ça ira, t’en fais pas. »

Me voilà partie, donc, pour trouver ZE livre qui ferait palpiter encore un peu, le vieux cœur de ma grand-mère. 

Arrivée dans le supermarché, au rayon lecture, quelle ne fut ma surprise de trouver un rayon quasiment rempli de « livres à l’eau de rose » !! … Deux solutions … 
Soit nos maisons de retraite sont pleines de petites vieilles en mal d’amour, et là, moi je dis alors, qu’au lieu de les envoyer en voyage organisé au milieu de la pampa dont elles se battent les oreilles, peut-être faudrait-il envisager un stage dans les vestiaires d’un Rugby Club quelconque, qui leur procurerait une diversion visuelle et émotionnelle non négligeable, à n’en pas douter ! Action sponsorisable, pourquoi pas, par un cabinet de cardiologie, avec actions à la clé, tout ça …
Soit la France est tombée très bas dans la diversification de ses lectures ! 

Me voilà donc, bien embêtée devant des centaines de livres dont pas un n’est intitulé clairement Harlequin ! Même pas Hpierrot voire Hcolombine, que dalle ! 
Cherche, cherche … Prends un livre, lis le résumé, repose. Prends un autre, lis le résumé, repose …


Pendant un bref instant, je me trouvai projetée dans le sketch de Dany Boon, entre Steve et « Cindy la freudreuse…Cindy, la ? Freu... dreuse... Cindy, la ??? La FREUDREUSE !!! La freudreuse ??? La ??? Sulfureuse !!! Cindy, la sulfureuse ! »

Après avoir parcouru plusieurs résumés, finalement, plus ou moins identiques, je me décidai à en prendre un au hasard, en le choisissant, c’est bien connu, par le moyen le plus impartial : son apparence ! 

J’en découvris certains, dotés d’une superbe couverture rouge rubis, dont les protagonistes me paraissaient identiques à tous les autres : un homme brun cheveux mi-longs, chemise blanche laissant deviner sa forte musculature, penché sur une blonde aux cheveux longs et ondulés, bouche entrouverte,  caraco blanc laissant deviner sa forte poitrine … des gens normaux dans une vie normale, quoi.

Allez, ça allait bien comme ça, j’en attrapai deux et partis pour la caisse.

Noel enfin, j’offris les livres à ma grand-mère qui me remercia et quelques jours passèrent.

Un matin, le téléphone sonna :
« Allo ?
- Allo, Axelle ? C’est mamie !
- Yo,  mamie, quoi d’neuf (j’ai bien tenté il y a quelques années, le "WAAAASUP", mais ma grand-mère n’est pas terrible en anglais…) ?
- Dis … (imaginez là-dessus un accent pied-noir à couper au couteau) … les livres que tu m’as offerts …
- Oui…
- Dis moi …C’est de la POR-NO-GRA-PHIE !
- De la quoi ?? Mamie, relativisons, c’est Harlequin, quoi …
- HEIIIIN ?? HARLEQUIIIIN ?? - s’exclama mon Roger Hanin féminin - Tu plaisantes ?... Ecoute-moi. Dès le premier chapitre, ça y va. Et quand je te dis « ça y va », crois-moi, ma fille, CA-Y-VA ! Au début, je me suis dit, bon, c’est un peu chaud, mais c’est pour démarrer, peut-être c’est pour accrocher le lecteur. Je me suis dis, c’est pas grave, Yvonne, continue à lire ! Quand j’ai eu finis le premier chapitre, j’étais rouge pivoine ! Je te dis pas comme j’étais soulagée de passer au second chapitre… Mais dès les premières lignes, tu m’crois, tu m’crois pas … Y REMETTENT CA !! Alors, moi, je me dis, comment ? …Ca va être ça tout le long ?... Ils sont pas fatigués ?? (« on n’est pas fatigué ! Vous êtes fatigués ? »... pardon) Après tout ce qu’ils viennent de faire ?? Et vas-y que je copule à droite, vas-y que je copule à gauche …Et crois-moi, ma fille… J’ai eu DEUX maris, d’accord ? Pas un, deux ! Et bin, y en a pas un qui m’a fait toutes les choses décrites dans ce bouquin ! ET ILS SE SERAIENT PAS AMUSES A ME LE DEMANDER, CROIS-MOI !
- … C’est un regret, mamie ?..."
Elle rit :
« Tié » bête … écoute-moi, en tous cas, ces livres, tu vas les reprendre, hein…
- Mais non, mamie, tu…
- Non, non, non ! Je te jure que je ne les lirai jamais. Dis, quand même … A mon âge…
- Justement ! Le monde a changé, tu sais, peut-être que tu vas apprendre des choses !
- Oui, oui, oui, oui, oui … Mais non ! C’est pas à 90 ans que je vais refaire mon éducation sexuelle… Alors, tu vas les reprendre et l’année prochaine, écoute, prends-moi des chocolats, va… J’aime bien les chocolats. »

Quand « Cinquante nuances de gris » fut publié, j’eus un moment de délicieuse hésitation … Allais-je me taper le délire de le lui offrir ?... Après tout, peut-être pouvait-elle croire naïvement au départ,  à un nuancier capillaire de chez Jacques Dessange ?

Je finis chez Jeff de Bruges … 



Copyright 2014

mardi 4 novembre 2014

J'vous ai apporté des bonbons ...

A la mémoire de deux de mes grands-parents et surtout de mon grand-père, Nello. 

C’est dimanche.
Et un dimanche par quinzaine, on n’y déroge pas : la visite familiale à la maison de retraite de papinouss et maminouss … 

Ces Nouss là, ce sont mes grands-parents à moi, les arrières-grands-parents de mes gnomes. Ces derniers, vous imaginez bien, trépignent de joie à l’idée d’aller passer deux heures  dans un endroit qui respire la bonne humeur et le dynamisme… 

Mais ils sont gentils, comprennent ce que veut dire le mot « famille » et acceptent, sans trop rechigner. 
Et puis surtout, ils sont encore petits et n’ont pas le choix ! Ca aide pour la motivation des troupes … 

Les grands-parents, eux, sont sincèrement ravis d’avoir de la visite et de  pouvoir un peu cracher tout le venin emmagasiné, contre le personnel… peuh… « médical » ??? 

Nous nous préparons donc à passer un moment aussi agréable que celui qu’a du passer Louis XIV, lors de l’opération de sa fistule anale.

Pas la première, la seconde … Parce que la première, il ne savait pas, le pauvre bougre, à quel point il allait en chier sa race. Il a du laisser approcher les médecins de son royal trou de balle, avec confiance et candeur ! 
« Vous voyez, Docteur, c’est là que j’ai bobo … 
- Oui, oui, oui, oui, oui, je vois bien, je vois bien … Respirez un grand coup, Majesté ! Ca va picoter un peu … » 

Qu’à la seconde … 

Imaginons deux secondes ce qu’a pu se dire le conseil médical qui s’est réuni afin de l’informer de la deuxième intervention à vif. 
« Dites, heu, les gars … Hé, les gars … Cette fois, c’est pas moi qui lui annonce, hein ! Ah bin, non, vous m’avez déjà fait le coup la dernière fois ! Oui, mais la dernière fois, on l’a eu par surprise ! On lui a dit que ce serait à peine plus douloureux qu’un suppo ! Là, le coup du suppo, chuis pas sûr qu’il  le gobe, cette fois ! Quoi, Félix ? Aha, très fin … Ouhais, un suppo, ça se gobe pas par la bouche, aha, aha, aha … Tiens, bin, puisque t’as sucé un clown, ce matin, donne moi un chiffre entre 1 et 12 ! 9 ? Perdu, c’était 3, allez, c’est toi qui t’y colle ! ». 

Ah cette fâcheuse tendance à s’égarer … Je reviens donc, à mes petits vieux à moi ! 

Contrairement à l’ambiance légèrement pesante attendue, la grand-mère nous accueille par un : 
« Tu sais pas ce qu’il a fait, ton grand-père ?? », étouffant un rire gêné … 
Le grand-père cité, assis sur l’unique fauteuil en skaï blanchâtre de la chambre, commence à glousser … Doucement … Puis, y va plus franchement, le regard malicieux. 
La grand-mère le reprend, avec un air coupable et l’accent de Marthe Villalonga : 
« Arrête, quand même … » 
- Quoi ? Qu’est-ce que tu as fait, encore, papi ?? » 

Le papi, qui a encore toute son énergie pour une personne de 87 ans, est la coqueluche de ces dames, en ces murs où la gente masculine non baveuse et ne souffrant pas d’énurésie se fait rare … 

Quand sonne l’heure du repas de midi, un des rares moments qui rythme encore des journées sans fin, c’est la bagarre parmi tous ces braves gens ! A celui qui arrivera le plus vite ! 

Et le plus rapide, c’est Papi ! 

Alors, quand on est une femme d’un certain âge et qu’on est en fauteuil roulant, on se met sur le chemin du papi et on l’agrippe (ou du moins, on tente) quand il passe. 

Ca a un côté fun, pour toutes ces personnes qui ont oublié le parfum de la grande ville … On a presque l’impression d’attendre le bus ! On lève la main et en avant, Simone, c’est moi qui klaxonne ! 

Et le papi, il attrape le premier fauteuil roulant qui a réussi à se placer devant les autres  et c’est parti pour la course dans les couloirs de la maison de retraite ! 

Tel un chauffeur de « push car », il court, galope, fait des petits contre-dérapages, prend les virages serrés, au plus grand plaisir de certaines courageuses occupantes. 

Grisées par le semblant d’air qui ébouriffe leur indéfrisable, certaines, dans un râle rauque, mettant dans ces quelques mots, toute leur dernière énergie, crient aux imprudents : « Poussez-vous ! Mais poussez-vous !!". 

Le malheur, dans ces cas-là, c’est que, comme dans toute course, il ne faut pas d’obstacle sur le parcours. 
C’est ce qu’a eu la malchance d’apprendre à ses dépends, une autre habitante de la maison de retraite, valide, elle (du moins, jusque là), mais pas assez rapide pour échapper au bolide … 
STRIKE ! 
… La malheureuse est à l’hôpital pour une entorse à la cheville … 

Le papi, un peu coupable quand même en rit encore … 
«  … Et encore… Z’aurai pu faire coup double… oui ! Si la vieille dans le fauteuil avait volé, en plus … ! Parce que z’ai freiné un peu, quand même …». 
Et de rire carrément … 
« Ma elles m’énervent aussi, toutes ces vieilles ! s’exclame, en plus, le Bip Bip du troisième âge – ‘sont au milieu, toutes gnagnagnan (en mimant des vieilles gâteuses) ! Maintenant, elles feront attention ! » 

Ah ça ! Grave ! Pendant les mois qui ont suivi, devant l’attitude de décalcomanies épouvantés adoptée par la majorité des habitants de la maison de retraite à la moindre apparition du grand-père, le corps médical a longuement hésité à équiper chaque fauteuil roulant d’avertisseurs sonores !   

Après cet intermède, il est temps de rendre visite à ma seconde grand-mère qui, elle, est dans le pavillon des Alzheimer… 
La Folle Journée d’Axelle Bueller sans Bueller ! 

La Gnomette souhaite m’accompagner. 

Toutefois, avant d’atteindre mémé, nous devons traverser le Groupe des mamies-impotentes-qui-ont-toute-leur-tête … 
Et là, que de tristesse… L’une d’entre elles a 102 ans ! Elle entend parfaitement et parle de telle sorte que je l’imagine très facilement, à 20 ans, en aviatrice rebelle traversant l’atlantique ! 

Aujourd’hui, prisonnière d’un corps qu’elle ne contrôle plus, elle attend que ça se termine … les jours sont longs. 
« Oh oui, c’est long  … » enchaine une seconde, qui ne veut pas rester en rade. Celle-ci semble être un peu moins consciente de ce qu’elle dit. 
Du moins, c’est ce dont j’essaie de me convaincre, lorsque nous nous lançons dans une conversation passionnante concernant les boules qu’elle a à l’anus ! 

Oui … La pudeur semble parfois être inversement proportionnelle à l’âge … 

Ma fille, bien éduquée, écoute religieusement madame nous raconter dans le détail ses boules anales.

A deux doigts de lui gerber dessus ou du lui envoyer l’équipe médicale de Louis XIV pour rafistoler son scrotum, je décide finalement qu’il est temps de couper court aux confidences amicales de la dame et lance un joyeux : 
« Bon, ça c’est fait et c’est pas tout, mais je dois aller voir ma grand-mère ! Bonne journée à toutes, à bientôt ! » 

Et là, ma crevette de 7 ans me prend la main et  me chuchote : 
« Elle a trop d’chance, la dame, maman … 
- Pourquoi ? 
- Elle a des bonbons à l’anis !!!!! » 



Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la fistule royale, bande de petits vicelards !  : 
Et puis Google est votre ami, n'hésitez pas à taper "Fistule Roi Soleil" ! 


Oh, sa mère ! 


Copyrigth 2014